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La Nouvelle Republique des Pyrenees | 1997
Du Grand Art

Henri Cazaux
Le vernissage de la 5e biennale de Marc Cénac, cet artiste peintre parisien aux racines souessoises, a attiré, dans son accueuillante maison de soues, la grande foule des visiteurs bigourdans. Parmi la foule on remarquait de nombreuses personnalités.
Quatre-vingt- dix nouveaux tableaux, accrochés sous les lambris de son charmant “ atelier “, confirmaient, si besoin etait, la notoriété hautement reconnue aujourd’ hui dans le monde des arts, de ce passionné de peinture.

On le sait, Marc Cénac a horreur “ de se répéter “. En quête de nouveaux motifs, il voyage à la recherche de couleurs, de paysages, qu’ avec son talent, plein de sensibilité et de poésie, il fixe sur ses toiles.

Que dire de ce délicieux portrait d’ enfants, saisis dans leurs attitudes si naturelles, captés dans les gestes simples de leurs jeux, avec ces sourires de l’ instantané, mais aussi avec cet art parfait du trait que l’ on discerne, entre autres, dans ces ravissantes chevelures.

Les voyages de Marc Cénac l’ ont conduit à Malte. Là il a su traduire, avec un rare bonheur, cette luminosité fascinante des vieux murs de la ville noyée de soleil, vieux murs tout en nuances d’ ocres que dominent les ors flamboyants des églises, et, comme dans ces villages de pêcheurs, ces parasols chatoyants ou ce bleu profond des barques.

D’ Irlande, il a amené ces beaux paysages aux prairies vert cru, bordant une mer d’ un bleu indigo assez envoûtante, sous le ciel tourmenté de gris lumineux. Il a voyagé en France, bien sûr, à travrers les vignobles bordelais à l’ heure des vendanges, sous les oliviers de Provence, ou encore dans ces ravissants ports bretons aux ciels mouvants que Marc Cénac affectionne particulièrement. La Bigorre n’ est pas oubliée; en particulier la neige du nouvel an, à Soues, un opportunité pour le peintre qui a su, avec une belle harmonie, exprimer l’ aspect insolite de son village.

Et les bouquets! Magnifiques...somptueux...tous composés non de fleurs exotiques, mais de ces fleurs simples exclusivement cueuillies dans les jardins souessois.Pourrait-on concevoir une exposition de Marc Cénac sans les chevaux, quand on sait qu’ il tient de ses ancêtres, anciens éleveurs, cette passion ? Mais cette année, délaissant les courses sur hippodrome, c’ est surtout “ La nuit de cheval “, Porte de Versailles à Paris, qu’ il nous fait vivre. Et les visiteurs bigourdans auront plaisir à retrouver, sur les toiles, chevaux et attelages des Haras de Tarbes, présents à cette manifestation parisienne. Un des tableaux figure d’ ailleurs dans la revue “ Arts Actualités Magazine “ de mai dernier, ce qui n’ est pas un mince éloge.

Avouons encore que nous nous sommes attardés devant ces deux superbes chiens de berger; allez les voir, il ne leur manque que la parole...

HENRI CAZAUX