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On a toujours 4 fois 20 ans
Arts Actualites Magazine
On dit toujours d’un peintre qu’il commence sa carrière à 50 ans. Pour certains prodiges à qui il reste tout à prouver, peut-être n’existeront-ils plus à cet âge, pour d’autres c’est enfin le moment d’exploiter leur maturité. Alors qu’il est doux d’avoir 80 printemps à son actif, ayant eu toutes les saisons dans sa mémoire pour pouvoir en faire profiter les autres.

Marc Cénac a 320 saisons à nous faire vivre car aucune n’a échappé à sa sensibilité. Tel un jeune globe-trotter il voyage inlassablement à la découverte, à la recherche de nouvelles vies qui ne sont pas la sienne et de nouveaux paysages qui manquent encore à son environnement de citoyen de la terre.
En ce printemps 2000, à Paris il nous fera découvrir ou redécouvrir l’Italie avec le regard étonné et candide d’un jeune artiste fasciné par ce que le monde d’ici peut encore lui proposer dans ce qu’il a de plus beau.

On peut dire qu’il a fait le tour du monde italien en 80 tableaux dont certains seront exposés dans sa galerie de l’avenue Marceau. De la nature sauvagement maîtrisée de Positano à la place dévote « del Gesù nuovo » à Naples en passant par les rochers de Capri sur lesquels tant de marins aimeraient s’échouer pour y finir leur vie en paradis, il nous fait devenir dépendant de la beauté de la péninsule sœur de l’église et mère de la beauté universelle.

Mais Marc Cénac n’oublie pas qu’il se ressource à Paris et dans ses environs. Quel guide touristique pourrait nous donner plus envie d’aller flâner sur le lac d’Enghien les Bains un dimanche après-midi au bord de l’eau comme dit la chanson.

Mais comme Cénac n’est pas égoïste, puisqu’il nous a tout donné, l’artiste qui est en lui nous laisse une grande partie de son œuvre à admirer dans sa fondation musée qu’il a ouvert dans son village familial de Soues, pour la gloire et la postérité.

Passe encore de bâtir, mais planter à cet âge, comme dit l’adage, Cénac ayant déjà planté il y a 50 ans dans son parc il a choisi d’y bâtir le plus beau des mausolées pour l’éternité.

Jacques Mounier
Critique d'Art et Directeur en Chef de Arts Actualites Magazine